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01/06/2026

LE PROJET
DU CENTRE CULTUREL

01/06/2026

Ensemble Cassis 2026
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Jean-François FAVIER

Lydia SAGAUT

Gilbert SINDRES

Sylvie BRUNET

Jean-Michel CRESPI

Claire MARECHAL FORESTIER

LE PROJET DU CENTRE CULTUREL

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Retour sur la réunion publique du 22 juin : un investissement majeur qui appelle davantage de garanties

Publié le 01 juillet 2026

Le 22 juin dernier, la municipalité a organisé une réunion publique consacrée au projet de reconstruction du Centre Culturel.

Je tiens tout d'abord à saluer cette initiative. Informer les Cassidennes et les Cassidens lorsqu'un projet engage la commune sur plusieurs dizaines de millions d'euros est une nécessité démocratique. Chacun doit pouvoir comprendre les choix effectués, leurs conséquences financières et les risques qu'ils comportent.

En revanche, il est regrettable que cette information intervienne alors que le projet est déjà largement engagé. Une véritable concertation aurait dû être organisée en amont afin de définir collectivement les besoins de notre commune, d'examiner les différentes options possibles – rénovation ou reconstruction –, de débattre de son dimensionnement, de son financement et de ses conséquences sur les autres investissements municipaux.

Cette réunion aura eu le mérite de permettre un échange avec les habitants. Elle a également confirmé une réalité : si le projet architectural apparaît aujourd'hui abouti et séduisant, de nombreuses interrogations demeurent quant à son financement, son calendrier, son fonctionnement futur et son impact sur les finances de la commune.

Au fond, le véritable sujet n'est pas celui de la culture. Personne ne conteste la nécessité pour Cassis de disposer d'équipements publics modernes. Le débat porte sur un investissement public majeur qui engagera durablement les finances communales et qui pourrait limiter, pendant de nombreuses années, notre capacité à financer d'autres équipements indispensables au développement du village.

Un projet profondément remanié depuis 2013

Pour comprendre ce dossier, il est nécessaire de revenir sur son historique.

La rénovation du Centre Culturel est évoquée depuis plus de vingt ans. En 2013, un premier projet avait été élaboré avant d'être abandonné faute de financement.

En 2024, la municipalité décide de relancer ce dossier. Plutôt que de repartir d'une feuille blanche avec un nouveau concours d'architecture, elle choisit de réutiliser le projet de 2013 afin de respecter un calendrier permettant de solliciter une importante subvention départementale.

Ce choix peut s'entendre au regard des délais imposés.

Le cabinet d'architecture Nomade Sud a ainsi profondément retravaillé le projet initial. Le résultat présenté aujourd'hui est ambitieux, contemporain et architecturalement réussi. Il n'a d'ailleurs plus grand-chose à voir avec celui imaginé en 2013.

Mais si le projet architectural a considérablement évolué, peut-on en dire autant de son évaluation financière ?

C'est là que commencent les interrogations.

Une équation financière reposant sur plusieurs inconnues

Le financement de cette opération repose aujourd'hui sur trois leviers.

Les subventions départementales

La municipalité indique pouvoir bénéficier d'environ 60 % de subventions calculées sur le coût estimatif du projet établi en... 2013.

Cette perspective a largement motivé le choix de reconstruire plutôt que de rénover, la reconstruction répondant davantage aux critères environnementaux exigés par les financeurs.

Mais ces aides sont-elles définitivement acquises ?

Tout semble indiquer qu'elles restent conditionnées au respect d'un calendrier extrêmement serré. Le projet devrait être suffisamment avancé avant le 31 décembre 2026 pour préserver ces financements.

Le moindre retard administratif, juridique ou technique pourrait remettre en cause cette équation.

Les financements européens

La commune prévoit également près de 900 000 euros de subventions européennes.

À ce jour, aucune décision définitive n'a cependant été présentée lors de la réunion publique.

Il s'agit donc, là encore, d'une hypothèse de financement.

L'autofinancement communal

C'est probablement le point le plus préoccupant.

La commune a déjà consacré environ cinq millions d'euros au Centre Culturel grâce à la capitalisation de quinze années de loyers du Casino.

Cet effort financier est déjà considérable.

Or chacun sait que les coûts du bâtiment ont fortement évolué depuis treize ans.

Si le coût réel des travaux dépasse l'estimation retenue pour bâtir le plan de financement, ce sont les finances communales qui devront absorber la différence.

Chaque dépassement réduira d'autant les capacités d'investissement de Cassis pour les années à venir.

C'est précisément ce risque qu'il convient aujourd'hui d'évaluer avec lucidité.

Un chantier particulièrement complexe

Au-delà de son financement, ce projet présente plusieurs difficultés techniques importantes.

La démolition d'un bâtiment amianté situé en plein centre-ville, immédiatement voisin d'une école en activité, constitue un chantier délicat.

Il faudra concilier :

  • la sécurité des élèves et des riverains ;

  • les opérations de désamiantage ;

  • les contraintes de circulation ;

  • les nuisances pour les habitants ;

  • la forte fréquentation touristique estivale ;

  • et un calendrier particulièrement tendu imposé par les échéances de financement.

Ces contraintes rendent l'opération beaucoup plus complexe qu'un chantier classique.

Le fonctionnement futur reste largement à démontrer

Une fois le bâtiment construit, comment fonctionnera-t-il réellement ?

Cette question essentielle est restée largement sans réponse.

La municipalité annonce désormais qu'une étude spécifique sera réalisée sur les coûts de fonctionnement.

N'aurait-il pas été plus logique de disposer de cette étude avant d'engager un investissement aussi important ?

Plusieurs interrogations demeurent :

  • le choix de reconstruire était-il réellement la solution la plus adaptée ?

  • l'absence de parking permettra-t-elle une fréquentation satisfaisante ?

  • le transfert du cinéma dans la chapelle Sainte-Anne, pour un coût proche de 400 000 euros et une capacité inférieure à cinquante places, constitue-t-il le meilleur choix ?

  • la nouvelle salle sera-t-elle davantage utilisée que l'Oustaou Calendal, aujourd'hui largement sous-exploité ?

  • quel sera le coût réel de fonctionnement de ce nouvel équipement ?

Le Centre Culturel présente déjà aujourd'hui un déficit de fonctionnement d'environ 40 000 euros par an.

Qu'en sera-t-il demain avec un équipement plus vaste, plus moderne et donc nécessairement plus coûteux à exploiter ?

 

Une programmation culturelle encore absente

Autre étonnement : la réunion publique a beaucoup parlé du bâtiment mais très peu de son contenu.

Quels spectacles ?

Quelle programmation ?

Quelle fréquentation attendue ?

Quels partenariats ?

Quels objectifs économiques ?

La future salle disposera d'une jauge intermédiaire.

Or les producteurs rappellent régulièrement que les tournées d'artistes de renom nécessitent généralement une capacité d'accueil d'au moins 500 places pour être économiquement viables.

À l'inverse, pour les spectacles de plus petite dimension, Cassis dispose déjà de l'Oustau Calendal.

Ce positionnement intermédiaire soulève donc plusieurs interrogations quant au modèle économique futur de cet équipement.

L'absence de véritable réflexion prospective sur la programmation constitue probablement la principale faiblesse des échanges du 22 juin.

Une impression de calendrier subi

Enfin, difficile de ne pas avoir le sentiment que le calendrier des subventions dicte aujourd'hui celui des décisions.

Le permis de construire a été déposé dès le mois de mai.

Les consultations des entreprises sont annoncées pour les mois de juillet et août.

Le lancement des travaux est envisagé en janvier 2027.

Tout semble désormais s'accélérer alors même que plusieurs études essentielles restent encore à produire.

Cette chronologie donne le sentiment que l'on construit d'abord pour préserver un calendrier de financement, puis que l'on s'interrogera ensuite sur les modalités de fonctionnement.

Pour un investissement de cette ampleur, cette méthode interroge.

Un investissement qui engage durablement l'avenir de Cassis

Il ne s'agit pas de remettre en cause l'ambition culturelle de notre village.

Il s'agit de s'assurer que cet investissement est financièrement soutenable, juridiquement sécurisé, techniquement maîtrisé et réellement adapté aux besoins de Cassis.

Les difficultés rencontrées sur d'autres grands projets municipaux, notamment celui de la Petite Enfance, doivent nous inciter à la prudence.

Aujourd'hui, de nombreuses inconnues demeurent.

Espérons sincèrement qu'elles trouveront des réponses rassurantes dans les prochains mois.

Car si les risques identifiés venaient à se concrétiser, c'est toute la capacité d'investissement de notre commune qui pourrait être durablement affectée, remettant en cause d'autres projets essentiels pour les Cassidennes et les Cassidens.

Le débat ne porte donc pas sur la culture.

Il porte sur la responsabilité dans la gestion de l'argent public.

Lorsqu'une commune engage plusieurs dizaines de millions d'euros, les habitants sont en droit d'attendre des hypothèses financières solides, une parfaite maîtrise des coûts, une vision claire du fonctionnement futur et une hiérarchisation assumée des priorités.

 

C'est à cette condition que l'on construit durablement l'avenir de Cassis.

 

Jean-François Favier

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